lundi, août 17, 2026
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La mesure de la concordance entre la Sharî‘a et la Haqîqa chez Cheikh El Hadj Malick SY

Cheikh El Hadj Malick Sy Maodo, fils du connaissant par Dieu, notre maître Cheikh El Hadj Abdoul Aziz Sy ad-Dabbâgh.

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah, Seigneur des mondes, une louange qui correspond à Ses bienfaits et équivaut à Son surcroît. Que la prière et la paix soient dans leurs formes, leurs significations et leurs images les plus parfaites, les plus nobles et les plus honorables sur notre Prophète, notre bien-aimé et notre maître Muhammad, ainsi que sur sa famille, ses compagnons et ses illustres califes. Que l’agrément d’Allah soit sur le pôle suprême, le secours notoire, notre maître, notre seigneur et notre guide Abou al-Abbas Sidi Ahmed ibn Muhammad al-Tidjani, ainsi que sur les adeptes de sa voie et sur l’ensemble des musulmans.

Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions.

En vérité, nous éprouvons un grand honneur, une immense joie et un bonheur profond en cette noble, bénie et propice assemblée, dont je constate que la majorité des participants partagent la même source spirituelle.

C’est en effet une source toute de lumières et de secrets, toute de guidance, de bonheur et de bénédictions, pour traiter d’un point d’une importance capitale et aux bienfaits immenses : le degré de compatibilité, ou d’union, entre la Charia et la Haqiqa chez notre maître Cheikh El Hadji Malick Sy, qu’Allah l’agrée, le comble de Sa satisfaction et nous fasse profiter de ses bénédictions.

Ou comment ce Cheikh — que nous célébrons aujourd’hui à l’occasion du centenaire de la commémoration de la naissance du Prophète bien-aimé (le Mouloud), qu’il a instaurée à Tivaouane, sur lui les meilleures prières et les salutations les plus pures —

Comment a-t-il réussi, dans sa démarche unique à laquelle nous ne trouvons guère d’égal, à fondre ces deux lumières en un amalgame où l’on décèle à peine la moindre brèche entre elles ?

En d’autres termes, comment le Cheikh a-t-il vécu ces deux lumières dans un équilibre d’une solidité inébranlable, s’acquittant des droits et des devoirs prescrits par chacun de ces deux aspects ?

Loin d’être considérées comme deux choses contradictoires, opposées ou en désaccord, elles ne font qu’une seule et même essence dont les voies se multiplient et dont les degrés et les rangs varient. Toutefois, la fin vers laquelle tendent et convergent ces deux lumières est unique : il n’y a pas de Charia sans la Haqiqa, ni de Haqiqa sans la Charia.

Ainsi, la Haqiqa se fonde sur la Charia ; mieux encore, elle en est l’application authentique chez Cheikh El Hadji Malick Sy.

C’est cet équilibre unique entre les deux lumières qui a fait de Cheikh El Hadji Malick le véritable rénovateur et l’éducateur modèle. Les exigences de cet équilibre lui ont imposé d’être un éducateur bienveillant et non un maître contraignant…

Je médite parfois sur le récit que fait Allah Tout-Puissant dans le Coran concernant la conduite de notre maître Moïse — sur lui, sur notre Prophète et sur tous les prophètes soient les meilleures prières et la paix — et sa relation avec notre maître Al-Khidr.

Parmi les signes de la pureté de la science infuse (ladouniya) de Cheikh El Hadji Malick, c’est que, lorsqu’il a vu la divergence des savants quant à la prophétie d’Al-Khidr ou à sa condition de saint (wali), il a guidé ses contemporains avec sagesse :

Le fils de sa tante maternelle faisait partie de son armée, à savoir Khidr

Quant à sa prophétie, elle suscite la divergence depuis des temps anciens

Et quant à sa sainteté ou à son statut royal, dis : il est un homme vertueux qui doit être cru et respecté.

Car la piété/la vertu est un écrin qui englobe à la fois la prophétie et la sainteté.

Notre maître Moïse demanda la permission à Khidr de l’accompagner afin qu’il lui enseigne la droiture de ce qu’il avait appris…

Notre maître Moïse avait pour mission de préserver les enseignements de la Charia, de les protéger et d’y appeler. Tandis que notre maître Al-Khidr agissait à partir des réalités de la Haqiqa.

Cela ressort clairement de ces questionnements nourris par l’esprit législatif et de ces réponses fondées sur les preuves de la Charia.

… Le confluent des deux mers (Majma’ al-Bahrayn) semble faire allusion à cette étreinte délicate entre la Charia et la Haqiqa, incarnée par la position de Moïse exprimant la Charia et celle d’Al-Khidr se manifestant à travers la Haqiqa.

De même, la relation entre les deux constitue une référence essentielle pour comprendre la relation entre le Cheikh et son disciple (mouride) :

Et n’exige pas d’eux le superflu

Ni le peu, ô mon ami, si ce n’est ce que les âmes consentent

À offrir, car cela est précieux.

En vérité, le Cheikh ne doit point imposer à ses adeptes ce qu’ils ne peuvent supporter…

C’est pourquoi Moïse ne put s’armer de patience lorsqu’il fut témoin de ces actes : ﴿ Puis, lorsqu’ils furent montés sur le bateau, il le fit a […] Il dit : « Ceci est la séparation entre toi et moi » ﴾ [Sourate Al-Kahf].

Al-Khidr entreprit alors de dissiper les soupçons qui traversaient l’esprit de Moïse quant à la prétendue contradiction de ses actes avec la Charia

La Charia et la Haqiqa sont donc les deux faces d’une même médaille : aucune face ne peut être séparée de l’autre, et elles ne sauraient être morcelées.

Cheikh El‑Hajj Malik Sy Maodo

D’après le texte en arabe

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