1. Rappel historique : de l’implantation de l’islam à la création de la FAISE.
Depuis l’avènement de l’islam dans l’espace subsaharien, dès les premiers siècles de son expansion, le Sénégal a vu émerger de grandes figures religieuses qui ont consacré leur vie à la diffusion et à l’enracinement du message islamique. Dans le cadre de leur mission de prédication et de transmission, ces hommes de savoir ont rencontré de nombreux obstacles, notamment dans le contexte colonial, face à certaines résistances traditionnelles et à l’ignorance religieuse.
Après cette longue période de prédication et de consolidation de l’islam, une nouvelle étape s’est ouverte avec l’apparition des associations islamiques, notamment à partir de 1945. C’est dans ce contexte que l’association Al-Falah a été créée, avec parallèlement la mise en place d’une école de grande réputation. La même année, l’Union culturelle musulmane (UCM) a également vu le jour.
Quelques années plus tard, d’autres associations ont été créées, notamment autour des grands foyers religieux de Tivaouane, Touba et Kaolack. La multiplication de ces structures a progressivement fait naître le besoin de fédérer les différentes associations islamiques afin de coordonner leurs actions et de renforcer leur unité.
Après plusieurs concertations conduites notamment sous l’impulsion de Serigne Abdou Aziz Serigne Cheikh Mbacké et de plusieurs autres responsables, la Fédération des associations islamiques du Sénégal (FAISE) a été créée le 12 octobre 1962. Elle regroupait alors quatorze associations et avait à sa tête Serigne Abdou Al Amine, avec Serigne Moustapha Cissé comme secrétaire.
Sous leur direction, la FAISE a connu plusieurs réalisations et a progressivement consolidé son rôle de cadre fédérateur des associations islamiques du Sénégal.
2. La phase transitoire : continuité et préparation de la relève.
Après la disparition de ces pionniers, et notamment de Serigne Abdou Al Amine, une période de transition s’est imposée. Serigne Moustapha Sy, Al Moudir, qui avait toujours joué sa partition aux côtés des responsables de la Fédération, a été appelé à assurer l’intérim.
Cette responsabilité n’a pas été fortuite. Serigne Abdou, alors président, avait déjà à l’esprit la préparation de la relève et avait identifié en la personne de Serigne Moustapha Sy, Al Moudir, un acteur capable d’assurer cette continuité. Avant son rappel à Dieu, il lui a ainsi confié temporairement la présidence de la FAISE, tout en désignant Serigne Sidy Ahmed pour l’accompagner dans cette étape.
Durant cette période intérimaire, Serigne Moustapha Sy a joué un rôle décisif en mettant en place un Comité national ad hoc chargé d’assurer la transition, de mobiliser les associations et de préparer le renouvellement du bureau.
Ce comité était notamment composé de Serigne Sidy Ahmed Al Amine, M. Mame Ousmane Samb, Lamine Ndiaye, Moustapha Wéllé, Mansour Dieng, ainsi que d’autres membres. À travers des rencontres internes et des réunions avec les représentants des associations, il a travaillé à la définition des modalités du congrès et à la recherche d’un consensus.
Ces démarches ont abouti à la convocation du Congrès extraordinaire du 26 septembre 2026, proposé par le Conseil et approuvé par l’Assemblée générale.
3. Le Congrès extraordinaire du 26 septembre 2026.
À la suite de la convocation du président par intérim, les associations affiliées ont répondu avec empressement à l’appel. Venues de différentes localités du pays, elles ont été représentées à ce rendez-vous important de la vie de la Fédération.
La séance a débuté à 10 h 21 par l’allocution de bienvenue prononcée par Serigne Moustapha Sy, Al Moudir. Dans son intervention, il a rappelé les circonstances et les fondements qui lui conféraient la légitimité de convoquer cette Assemblée générale extraordinaire. Il a ensuite présenté l’ordre du jour et ouvert la possibilité d’y apporter des amendements.
Après la présentation des propositions du Conseil national, les discussions ont été engagées. Les débats, suggestions et interpellations ont permis d’enrichir la proposition initiale du bureau exécutif. La liste proposée a ainsi été élargie dans un souci d’inclusivité et de gestion collégiale.
De son côté, Mame Ousmane Samb a rappelé l’importance du patrimoine bâti de la FAISE et a insisté sur la nécessité de sa préservation ainsi que sur la pérennisation de la Fédération, qui figuraient parmi les principales raisons ayant conduit à la convocation de cette Assemblée générale.
À l’issue des travaux et des différentes questions relatives à l’ordre du jour, Serigne Sidy Ahmed, élu président de la FAISE, a prononcé son premier discours. Il a rassuré les membres quant à son engagement et a réaffirmé que la gestion collective et inclusive constituera l’un des principes directeurs de son mandat.
4. La désignation de Serigne Sidy Ahmed : l’aboutissement d’un travail de terrain.
La désignation de Serigne Sidy Ahmed à la présidence de la FAISE apparaît comme l’aboutissement d’un travail engagé depuis plusieurs années.
Dans le cadre de la redynamisation des sections de l’Association éducative islamique du Sénégal (AEIS), il a sillonné de nombreuses localités, notamment des villages et des contrées éloignés, consacrant son temps et son énergie à la transmission du message porté par son vénéré prédécesseur, Serigne Abdou Aziz Al Amine.
Il a également œuvré à renouer et à consolider les relations avec la quasi-totalité des associations affiliées à la FAISE, relations que son prédécesseur avait patiemment tissées au fil des années.
Depuis 2021, les efforts qu’il a consentis ont ainsi contribué à baliser le terrain et à créer les conditions favorables à ce tournant institutionnel.
Cette désignation constitue donc moins l’aboutissement d’un événement isolé que le résultat d’un travail patient de rapprochement, de mobilisation et de restauration des liens entre les différentes composantes de la Fédération.
5. Une nouvelle étape pour la FAISE.
Conscient du poids de la responsabilité qui lui est désormais confiée, Serigne Sidy Ahmed entend inscrire son mandat dans une logique de gestion collective, inclusive et adaptée aux réalités contemporaines.
Avec l’équipe nouvellement mandatée, il entend redonner un nouvel élan aux associations dont la mission est l’éducation et la formation, tout en renforçant leur coordination et leur rayonnement.
La nouvelle équipe devra ainsi conjuguer la fidélité à l’héritage des pionniers avec la nécessité de répondre aux nouvelles réalités et aux attentes actuelles.
6. Conclusion.
Le Congrès extraordinaire du 26 septembre 2026 a donc marqué un tournant important dans l’histoire récente de la FAISE. Il a ouvert une nouvelle page fondée sur la continuité, la concertation et la responsabilité collective.
Puisse Allah accorder à Serigne Sidy Ahmed et à toute son équipe l’énergie, la sagesse et la clairvoyance nécessaires pour être à la hauteur de leurs intentions et mener à bien les ambitions portées pour la Fédération.
Cheikh Tidiane Diagne, membre du bureau exécutif de la FAISE.

