Dakar – Et si les dahiras devenaient aussi des espaces de création de richesses et d’opportunités économiques ? C’est l’ambition portée par la Cellule Zawiya Tijjaniya (CEZAT) et le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, à travers une initiative appelée à donner une nouvelle dimension au rôle économique des organisations communautaires.
Une délégation de la CEZAT, conduite par M. Abdou Hamid Sy, Président de la CEZAT, et composée notamment de Mme Astou Sy, Présidente de la Commission Entrepreneuriat, de son adjoint Cheikh Omar Ndiaye, de M. Diakoula Cissé, Responsable de la Communication, et de M. Sidi Sall, Président de la Commission Sociale, a été reçue par le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire.
Au cœur des échanges : le lancement de l’initiative « Une Dahira, une activité économique », conçue en prélude au Gamou 2026 de Tivaouane.
Du capital social au capital économique
L’ambition est considérable : s’appuyer sur les quelque 300 dahiras affiliés à la CEZAT pour les accompagner dans la création d’activités économiques génératrices de revenus et d’emplois.
Car derrière chaque dahira existe un réseau de femmes, de jeunes et de familles, mais également un capital immatériel fait de confiance, de solidarité, d’organisation et de mobilisation collective. Autant de ressorts qui peuvent, moyennant un accompagnement approprié, être transformés en véritables leviers de développement local.
Pour Abdou Hamid Sy, cette démarche vise précisément à franchir un nouveau cap : faire de la force communautaire des dahiras un instrument au service de l’autonomisation économique, sans jamais altérer leur vocation spirituelle et sociale.
Faire émerger des Coopératives Productives-Solidaires
La Commission Entrepreneuriat de la CEZAT, sous la conduite de Mme Astou Sy, entend donner à cette vision une traduction concrète.
L’objectif consiste notamment à accompagner les dahiras dans leur transformation en Coopératives Productives-Solidaires, capables de développer des activités économiques pérennes et de générer des revenus au bénéfice de leurs membres, en particulier des jeunes.
Cette transformation devrait s’appuyer sur plusieurs piliers : épargne communautaire, accès au financement, formalisation des activités, accompagnement entrepreneurial et renforcement des capacités.
Il ne s’agit donc pas simplement de créer des activités ponctuelles, mais de poser les fondations de modèles économiques capables de survivre au-delà des grands rendez-vous religieux et de produire une valeur durable au sein des communautés.
L’État prêt à accompagner la dynamique Le Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a salué une initiative qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur la contribution des organisations communautaires au développement économique.
Cette démarche intervient dans le prolongement des échanges engagés avec les familles religieuses et des travaux consacrés à la philanthropie religieuse dans le cadre de l’Économie sociale et solidaire.
Le Ministère a par ailleurs annoncé la préparation prochaine d’une convention-cadre, destinée à favoriser un financement durable des projets portés par les dahiras.
Le Gamou comme point de départ
Le partenariat devrait connaître une étape importante lors du Gamou 2026 de Tivaouane, à travers un panel consacré à une question aussi actuelle que stratégique :
« Comment les organisations communautaires de base peuvent devenir des incubateurs de PME et de richesses locales ? Le cas des Dahiras »
À travers cette initiative, la CEZAT et le Ministère font ainsi le pari d’un changement de perspective : ne plus considérer les dahiras uniquement comme des cadres de rassemblement religieux et de solidarité, mais également comme des écosystèmes capables de faire émerger des initiatives économiques structurées.
Une ambition qui place la jeunesse au cœur de l’équation. Car derrière la formule « Une Dahira, une activité économique », se dessine une vision plus large : transformer la solidarité communautaire en opportunités, les réseaux de confiance en projets et les projets en emplois.
À Tivaouane, la spiritualité pourrait ainsi devenir, sans jamais perdre son essence, un terreau fertile pour l’entrepreneuriat solidaire et la création de richesses au service des communautés.






