Le Salon du livre, initié par la cellule de la Zawiya Tijaniya, se veut une ‘’extension intellectuelle’’ du Gamou de Tivaouane, en œuvrant à la transmission, la préservation et au renouvellement du patrimoine intellectuel de la communauté tidiane, a déclaré Daam Juuf, membre de la Zawiya Tijaniya vivant en Belgique et promoteur de l’événement.
Plus qu’un simple rendez-vous autour du livre, le Salon du livre islamique s’affirme comme un espace de transmission du savoir et de valorisation de la mémoire écrite de Tivaouane.
‘’Le Gamou célèbre, le Salon documente, le Gamou rassemble les cœurs autour du Prophète, le Salon rassemble les intelligences autour de son héritage’’, a expliqué à l’APS l’initiateur de cette manifestation inscrite au programme des activités préparatoires du Gamou.
‘’Cette initiative confère au Gamou une dimension scientifique et documentaire’’, a-t-il dit, rappelant que la célébration du Mawlid est ‘’étroitement liée au savoir, à l’étude de la vie du Prophète et à la transmission de son enseignement dans la tradition d’El Hadji Malick Sy’’.
Daam Juuf a souligné l’importance de préserver le patrimoine documentaire de la cité religieuse, en particulier les ouvrages en arabe, les manuscrits, les correspondances, les recueils de poésie, les commentaires et les archives familiales.
Il préconise, à cet égard, de ‘’passer progressivement d’un patrimoine conservé essentiellement dans des bibliothèques privées ou familiales à un patrimoine documenté, catalogué, numérisé et accessible’’ pour les chercheurs et les nouvelles générations, tout en respectant les ayants-droit et les autorités religieuses.
Selon lui, le salon pourrait contribuer au ‘’rayonnement international de la pensée tidiane’’, en favorisant les échanges entre chercheurs, universitaires, éditeurs, détenteurs de manuscrits, calligraphes et intellectuels.
Il estime que cette manifestation peut mettre en valeur la pensée théologique et spirituelle de la communauté tidiane et la tradition éducative de Tivaouane, la littérature islamique africaine, les manuscrits en arabe et en ‘’ajami’’ (écriture non arabe), la poésie religieuse, la Burda ainsi que l’histoire de la Tijaniya en Afrique et dans le monde.
Dialogue entre manuscrits anciens et technologies modernes
Daam Juuf souligne que la préservation du patrimoine ne doit pas signifier son exclusion des évolutions contemporaines.
Le Salon, dit-il, peut devenir un espace de dialogue entre les manuscrits anciens et les technologies modernes, notamment l’intelligence artificielle, la numérisation, les bibliothèques numériques, la traduction et l’archivage électronique.
‘’Comment transmettre au jeune musulman du XXIe siècle un patrimoine intellectuel plusieurs fois centenaire, sans en perdre l’esprit, la profondeur et l’authenticité ?’’, s’interroge-t-il.

Pour lui, cette question place le Salon au cœur des enjeux liés à l’identité musulmane et à la transmission du savoir à l’ère du numérique.
M. Juuf a également relevé la dimension économique du livre, estimant que Tivaouane pourrait progressivement s’affirmer comme un ‘’centre africain de référence pour le livre islamique, les manuscrits et la pensée tidiane’’, grâce à une ‘’meilleure articulation’’ entre auteurs, éditeurs, libraires, chercheurs, institutions et acteurs du numérique.
Daam Juuf appelle ainsi à l’émergence d’une ‘’Tivaouane nouvelle génération’’ à la fois une ‘’cité spirituelle internationale, capitale du savoir islamique, pôle culturel et scientifique, territoire industriel et agricole et plateforme économique ouverte sur le Sénégal, l’Afrique et le monde’’.
‘’Tivaouane ne doit pas attendre son avenir. Elle doit le penser, le préparer et le construire dès maintenant ’’, a-t-il conclu.
Source: APS

