par , Baye Dame MBENGUE Agent au Consulat du Sénégal à Paris
Il s’agit ici de créer une harmonie entre déterminisme (la Nature humaine) et les acquis sociaux.
Il fonde son postulat sur des valeurs qui composent notre mémoire collective : l’humilité, l’effacement, le détachement, le travail, la dignité, la tolérance, la concorde, mais aussi la Spiritualité à travers l’Adoration de Dieu et l’Amour du Prophète (Psl).
Le savoir être dans la pensée d’El Hadji Malick Sy s’articule autour d’humanisme et de conscience dont le tout est porté par un soufisme décontenancé de tout agissement fanatique et obscurantiste.
La Foi et l’Exemplarité en sont ses principales composantes.
Pour El Hadji Malick Sy, le Savoir est indissociable à la rectitude morale. Sans la Morale, les connaissances ne peuvent pas être bénéfiques du moment où la bonne tenue conditionne le partage du Savoir.
Maodo était avant tout un érudit qui maîtrisait les questions de son temps. Dans une démarche de Détachement, il vivait dans la Société tout en se prémunissant des vanités que celle-ci peut porter comme stigmates.
À ses condisciples, il inculquait l’esprit de dépassement en aidant son prochain, en œuvrant pour l’unité de la Communauté, surtout en s’éloignant des divisions et des querelles de personnes.
La voie soufie que proposait El Hadji Malick Sy, prône le respect de l’establishment et les règles qui permettent le bon voisinage entre le Pouvoir local et les citoyens.
Il érige le respect de l’ordre préétabli par l’autorité coloniale comme posture tout en préservant les croyances culturelles et religieuses.
Une lutte stratégique qui privilégiait l’éveil des consciences et non les armes : telle a été sa perspective, raison pour laquelle il a réussi à implanter des Zawiyas ou centres théologiques partout au cœur des foyers de l’Administration coloniale (Dakar, Saint-Louis, Tivaouane).
Dans l’immense œuvre d’El Hadji Malick Sy, nous pouvons noter une offre spirituelle qui repose sur l’Humain.
La Foi n’est pas incompatible avec les principes qui régissent la vie en Société. Elle est au contraire bénéfique pour celle-ci dès lors qu’elle peut doter ses sujets, de l’éthique.
Le saint homme ne s’inscrit pas dans une démarche de séparation, mais une corrélation entre les savoirs pour former des citoyens actifs capables de relever les défis qui favorisent le Développement de la Cité.
L’idéal de l’homme accompli dans la pensée du saint homme se fonde sur l’instruction pour vivre dans son temps, une spiritualité pour se prémunir des errements de l’âme, la morale pour ne pas dévier de ses responsabilités et l’action comme apport pour participer dans la volonté de réformer.
Dans un contexte marqué par la crise des valeurs, l’œuvre de Maodo continue d’inspirer la Jeunesse.
Sa vie est un modèle qu’il vaille porter fièrement en tant que Sénégalais du fait de son sens élevé de patriotisme qu’il a vivifié par l’éducation afin qu’il soit un rempart contre l’assimilation et le complexe d’infériorité : un souverainiste avant l’heure.
Son héritage dépasse largement les frontières d’une époque, il requinque les générations nouvelles et futures en les invitant à s’intéresser au Savoir.
Sa pensée ne repose pas seulement sur la Connaissance, mais aussi sur le Devenir.
La spiritualité d’El Hadji Malick Sy peut se résumer comme une Foi impactante dont les ressorts sont le Savoir, le Savoir-faire et le Savoir-être.
Baye Dame MBENGUE, Agent au Consulat du Sénégal à Paris

