Khilaçu Zahab (L’Or décanté), chef-d’œuvre de Seydi El Hadji Malick Sy, structuré en 30 chapitres, retrace l’intégralité de la vie du Prophète Mouhammad (PSL), de la « lumière mohammadienne » préexistante jusqu’à son décès. L’ouvrage allie la maîtrise des sources classiques à une rédaction accessible à tous les musulmans.
Khilaçu Zahab (L’Or décanté) constitue l’un des chefs-d’œuvre d’El Hadji Malick Sy consacré à la biographie du Prophète (la Sîra). Il illustre une parfaite maîtrise des sources classiques. Pour le Dr Cheikh Tidiane Mbaye, sociologue des religions et spécialiste des confréries musulmanes au Sénégal, cet ouvrage demeure « une référence incontournable » pour les chercheurs en sciences islamiques.
Son collègue Mouhamadou Mansour Dia, enseignant-chercheur à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, précise que le texte retrace l’intégralité du parcours du Sceau des prophètes : de la « lumière mohammadienne » antérieure à Adam jusqu’à son décès, en passant par son enfance, sa vie de famille et son exil.
Selon le Dr Bakary Samb, enseignant-chercheur et directeur du Timbuktu Institute, il s’agit « d’un texte hagiographique d’une rigueur méthodologique qui mérite d’être mieux connu ». « Ce qui est remarquable, c’est la manière dont Maodo articule systématiquement l’environnement du Prophète à l’histoire universelle, avec un vrai souci de datation croisée », explique-t-il.
La méthode employée pour situer la mort du grand-père du Prophète, Abdul Muttalib, survenue lorsque celui-ci avait environ huit ans, en est une parfaite illustration. Dans un seul et même vers, Maodo convoque trois repères chronologiques distincts : la mort d’Abdul Muttalib, celle du poète arabe Hâtim at-Tâî et le décès de l’empereur perse sassanide Chosroès Ier (ou Khosro Ier), surnommé Anushirvan (« L’Âme immortelle »).
Pour le Dr Samb, il est aujourd’hui possible de vérifier, à partir de sources historiques indépendantes, que ces événements se recoupent bel et bien au cours des huit premières années de la vie du Prophète. À ses yeux, la démarche de Seydi El Hadji Malick Sy anticipe, à sa manière, ce que l’historiographie moderne nommera plus tard le « croisement des sources ».
Le chercheur rappelle d’ailleurs qu’Ibn Khaldûn reprochait déjà aux historiens arabes de son époque de se contenter de relater les faits sans les expliquer. Maodo, à l’inverse, parvient à construire « une véritable représentation cohérente des lieux et des temps prophétiques ».
L’écrivain et enseignant Pape Amadou Sall rappelle que l’ouvrage est devenu la référence fondamentale des fidèles. « C’est un livre de chevet qui permet au musulman, partout dans le monde, de connaître le Prophète, de lui manifester un amour permanent, mais surtout de suivre son exemple », explique-t-il.
De son côté, Mouhamadou Mounirou Sy, professeur en droit public à l’Université Iba Der Thiam de Thiès et membre de la Cellule Zawiya tidiane de Tivaouane (Cezat), affirme que cette œuvre sublime a « la particularité d’être très spéciale, trop mystique et fort mythique. Elle nous montre non pas une certaine nature, mais la nature certaine du Prophète, n’en laissant rien de côté ».
À ses yeux, l’apport du Khilâçu Zahab, composé de 30 chapitres pour un total de 1058 vers qui se terminent chacun par la lettre Mîm d’où le nom de Mîmiya, dans les sciences islamiques est incommensurable. « C’est le seul ouvrage sur le Prophète totalisant et globalisant », avance-t-il.
Khilâçu Zahab valse entre l’histoire, la géographie, la prophétie, la sociologie, la gynécologie, les techniques militaires, l’astrologie, les lettres et sciences humaines, les mathématiques, l’art et la culture, le monde céleste, les anges, les paradis, la vie et œuvre des Prophètes et Envoyés, l’enfer, les mariages de l’Envoyé, ses batailles gagnées et perdues, ses maladies et celle qui l’a emporté, le nombre de jours où il est tombé malade avant d’être rappelé à Dieu, etc.

