Discours du Maire Monsieur Alioune Ndoye.
Bismillahi Rahmani Rahim.
Alhamdoulillahi Rabbil
‘Alamin.
Was-salatou was-salamou ‘ala
Sayyidina Mouhammad, khâtami al-anbiyâ’i wal-moursalîn, wa ‘alâ âlihi wa
sahbihi ajma‘în.
Monsieur le Khalife général
des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour,
Imam Ratib Alioune Moussa
Samb,
Grand Serigne de Dakar
Abdoulaye Makhtar Diop,
Vénérés guides religieux,
Éminents représentants de la
famille de Seydi El Hadji Malick Sy,
Conseillers municipaux de
Dakar-Plateau,
Mesdames et Messieurs les
membres du comité chargé de la reconstruction de cette illustre Zawiya,
Chers fidèles, chers invités,
Mesdames, Messieurs,
C’est avec une émotion profonde, avec respect et avec une immense fierté
que la Commune de Dakar-Plateau se tient aujourd’hui dans ce lieu de mémoire,
de foi et de transmission, pour accompagner une œuvre dont la portée dépasse
les murs qui s’élèvent, les pierres qui se joignent et les mains qui bâtissent.
Nous sommes réunis autour de la reconstruction de la Zawiya Seydi El
Hadji Malick Sy : un sanctuaire spirituel, certes, mais aussi une maison du
savoir, une école de l’âme, un lieu de fraternité, un repère pour les
consciences et une lumière déposée au cœur même de notre capitale.
À travers l’auguste personne du Khalife général, nous voudrions saluer
avec une déférence toute particulière l’ensemble de la famille de Maodo,
héritière d’une mission religieuse, éducative et sociale dont le Sénégal
mesure, chaque jour davantage, la profondeur et la fécondité.
Son nom, Serigne Babacar Sy Mansour, est désormais inscrit dans la
géographie affective et civique de Dakar-Plateau. Par décision du Conseil
municipal, l’ancienne rue Félix-Faure porte aujourd’hui son nom. Ce geste
n’était pas seulement une décision administrative ; il était un acte de
reconnaissance. Il traduisait la volonté de notre institution municipale de
faire dialoguer l’espace de la cité avec les grandes figures qui donnent sens à
son histoire, à sa mémoire et à son avenir.
Car une ville ne se définit pas seulement par ses avenues, ses édifices,
ses équipements ou ses frontières. Une ville vit de ses âmes tutélaires. Elle
se construit aussi par les valeurs qui l’élèvent, les hommes qui l’éclairent et
les institutions qui y maintiennent vivante la promesse de la paix.
La Zawiya Seydi El Hadji Malick Sy appartient à cette histoire profonde
de Dakar-Plateau. Elle fait partie de ces lieux qui ne sont pas simplement
occupés : ils habitent, au sens le plus noble, la conscience collective. Elle
est un foyer où se sont rencontrées la prière et l’enseignement, la ferveur et
la discipline, la tradition et l’ouverture, la spiritualité et l’attention aux
autres.
Elle est un lieu où l’on apprend que la foi n’est jamais une fuite hors
du monde, mais une responsabilité dans le monde ; que la connaissance n’est pas
un privilège, mais une obligation ; que l’autorité religieuse ne se mesure pas
au bruit qu’elle fait, mais à la paix qu’elle sème dans les cœurs et dans la
société.
En évoquant cette Zawiya, nous pensons naturellement à celui dont elle
porte le nom : Seydi El Hadji Malick Sy, Maodo. Grand érudit, maître de savoir,
éducateur des consciences et guide spirituel, il a porté haut l’ambition d’un
islam profondément enraciné dans la connaissance, dans la douceur, dans la
dignité humaine et dans le service de Dieu.
Son œuvre a contribué de manière décisive à l’enracinement de l’islam
dans notre pays, à la diffusion du savoir religieux, à l’élévation morale des
femmes et des hommes, ainsi qu’à la consolidation de cette paix sénégalaise
dont nous devons prendre soin comme d’un bien précieux.
Maodo nous a enseigné un islam éclairé par la lumière du savoir. Un
islam qui ne ferme pas les portes de l’esprit, mais qui les ouvre. Un islam de
mesure, de tolérance et de fraternité. Un islam qui enseigne le respect de
l’autre, la maîtrise de soi, l’amour du prochain, la justice dans les rapports
humains et la dignité pour chaque personne.
Dans une époque où les sociétés sont parfois traversées par le doute,
par la précipitation, par les fractures et par l’affaiblissement des repères,
cet héritage prend une résonance particulière. Il nous rappelle que les peuples
ne tiennent durablement debout que lorsqu’ils savent préserver ce qui les fonde
: la foi vécue avec intelligence, le savoir partagé avec générosité, la
solidarité pratiquée avec constance et la paix défendue avec courage.
C’est pourquoi la reconstruction de cette Zawiya ne saurait être
regardée comme un simple chantier architectural.
Reconstruire cette Zawiya, c’est restaurer une maison de Dieu ; mais
c’est aussi préserver un patrimoine spirituel et historique majeur de la Nation
sénégalaise. C’est veiller à ce que, demain encore, au cœur de Dakar, les
générations puissent venir s’abreuver à une source de sagesse, apprendre les
exigences de la foi, entendre l’appel à la paix et trouver un espace
d’élévation.
Reconstruire cette Zawiya, c’est faire œuvre de mémoire. Mais c’est
aussi faire œuvre d’avenir.
C’est transmettre aux enfants de ce pays l’idée qu’une civilisation se
reconnaît à la manière dont elle protège ses lieux de sens. C’est dire à notre
jeunesse que la modernité ne commande pas l’oubli ; elle exige, au contraire,
que nous sachions avancer sans rompre le fil de ce qui nous a construits.
C’est dire enfin que Dakar-Plateau, capitale administrative, économique
et institutionnelle de notre pays, est également une terre de spiritualité, une
terre de dialogue, une terre où les héritages religieux participent pleinement
à la grandeur de la cité.
La Commune de Dakar-Plateau, au-delà de ses missions administratives, de
ses responsabilités d’aménagement, de développement urbain et de service
public, entend demeurer attentive aux valeurs, aux traditions et au patrimoine
qui donnent une âme à notre commun vouloir de vie commune.
Nous savons que le développement d’une ville ne se résume pas à
l’édification d’infrastructures. Il se mesure aussi à la qualité des liens
humains, à la force de la solidarité, à la reconnaissance des mémoires et à la
capacité de chacun à se sentir héritier d’un bien commun plus grand que
lui-même.
C’est dans cet esprit que notre Commune a tenu à prendre part à cette
œuvre. Notre contribution n’est pas seulement un accompagnement matériel. Elle
est l’expression d’un devoir de mémoire, d’un devoir de gratitude et d’un
devoir de fidélité envers un héritage qui a façonné durablement la vie
religieuse, sociale et culturelle de notre pays.
Elle est aussi un investissement dans l’éducation morale et spirituelle
des générations présentes et futures. Car ce qui se transmet ici ne se limite
pas à des enseignements ; c’est une manière d’habiter le monde avec foi, avec
humilité, avec respect et avec responsabilité.
Nous voulons, en cette circonstance, remercier très chaleureusement
toutes celles et tous ceux qui donnent de leur temps, de leurs ressources, de
leur intelligence et de leur énergie à la réalisation de ce noble projet : les
membres du comité de reconstruction, les disciples, les fidèles, les mécènes,
les ouvriers, les techniciens, les artisans, les bénévoles, les autorités et
toutes les bonnes volontés.
Chaque don, quel qu’en soit le montant, chaque geste, chaque heure
consacrée à ce chantier porte une part de cette œuvre collective. Et lorsque
les pierres de la Zawiya seront pleinement relevées, elles garderont
silencieusement la trace de ces générosités multiples qui auront permis à la
foi de se faire architecture et à la mémoire de se faire avenir.
Nous formulons le vœu ardent que les travaux se poursuivent et
s’achèvent dans les meilleures conditions, avec rigueur, sérénité et
bénédiction. Nous souhaitons que la nouvelle Zawiya demeure, pour longtemps
encore, un foyer vivant de prière, d’enseignement, de recueillement, de
dialogue et de paix.
Un foyer où l’on viendra chercher la lumière du savoir.
Un foyer où l’on apprendra à aimer son prochain.
Un foyer où les différences ne seront jamais des raisons de division,
mais des appels à une fraternité plus haute.
Un foyer où Dakar, le Sénégal et tous les croyants pourront reconnaître
la permanence d’un héritage vivant.
C’est pourquoi nous lançons un appel solennel à toutes les bonnes
volontés : mobilisons-nous autour de cette œuvre d’intérêt spirituel, culturel
et national. Mobilisons-nous non seulement pour achever un chantier, mais pour
préserver une part essentielle de notre mémoire collective et pour garantir la
transmission d’un message de paix dont notre pays a besoin aujourd’hui plus que
jamais.
Vénérés guides religieux, chefs coutumiers,
Au nom de la Commune de Dakar-Plateau, nous sollicitons vos prières pour
notre commune, pour la ville de Dakar et pour notre cher Sénégal. Priez pour
que notre pays demeure uni dans sa diversité, stable dans ses institutions,
solidaire dans ses épreuves et fidèle à ses valeurs de paix, de dialogue, de
justice et de fraternité.
Priez pour que nos responsabilités publiques soient toujours exercées
avec honnêteté, humilité et esprit de service. Priez pour que notre jeunesse
trouve dans le savoir, dans le travail et dans la foi les chemins de son
accomplissement. Priez pour que le Sénégal continue de porter, au milieu des
incertitudes du monde, ce visage de concorde et de dignité qui fait sa force.
En remettant aujourd’hui cette contribution de cent millions de francs CFA (100.000.000), la Commune de
Dakar-Plateau n’apporte pas seulement sa pierre à la reconstruction d’un
édifice.
Elle apporte sa pierre à la préservation d’un héritage.
Elle apporte sa pierre à la transmission d’une foi éclairée.
Elle apporte sa pierre à la consolidation de notre fraternité religieuse
et nationale.
Elle apporte sa pierre à l’avenir d’un Sénégal qui se souvient de ses
maîtres, honore ses guides et avance dans la lumière de ses valeurs.
Puisse Allah agréer cette œuvre.
Puisse Allah bénir cette Zawiya.
Puisse Allah préserver notre pays, ses guides, ses institutions et son
peuple.
Puisse Allah faire de Dakar-Plateau une commune de paix, de solidarité
et de prospérité partagée.
Je vous remercie.
Dakar-Plateau le 12 septembre 2026
Alioune NDOYE – Maire de Dakar-Plateau

